Aurores boréales : on vous dit tout (ou presque)

Aurores boréales au Canada

C’est sur l’écran noir du ciel nocturne que se joue un spectacle d’une beauté éblouissante : les aurores boréales. Rideau de lumières dansant dans le ciel, vent luminescent balayant  la noirceur de la nuit, l’aurore boréale est un phénomène naturel qui fascine depuis toujours. Ouvrez grand les yeux et suivez-moi à la rencontre de cette féerie céleste…

Qu’est-ce qu’une aurore boréale ?

Tout part du soleil.
Au commencement, le soleil expulse une masse de gaz, un vent de plasma chargé de particules énergétiques. On parle d’éruptions solaires, de tempêtes solaires, d’orages (géo)magnétiques, ou plus simplement de vents solaires.

Ces vents solaires voyagent dans l’espace pour atteindre l’atmosphère terrestre et son champ magnétique. Ce dernier agit tel un bouclier en protégeant la Terre et en détournant une partie des particules énergétiques. Une quantité importante de ces particules se retrouvent malgré tout prisonnières du champ magnétique terrestre et sont canalisées vers les pôles, qui agissent comme des aimants.

Et c’est à ce moment-là que les particules solaires, composées de protons et d’électrons, entrent en collision avec les atomes d’oxygène et d’azote, ce qui provoque une réaction luminescente : l’aurore boréale.

Et des vagues de lumière roulent dans le ciel irréel et infini de la nuit…

Déroulement d’une aurore boréale – vidéo 38 sec 

 

Distinction importante, l’aurore polaire s’appelle aurore boréale dans l’hémisphère nord, et aurore australe dans l’hémisphère sud.

L’origine du nom « aurore » vient de la déesse romaine de l’Aube, qui s’appelait Aurora.

En anglais, 2 expressions sont à retenir :  Northern lights et  Aurora borealis.


Pourquoi y a-t-il différentes couleurs ?

Les aurores peuvent être de différentes couleurs selon la nature et la quantité des molécules et atomes présents dans l’atmosphère, et selon l’altitude à laquelle se forme l’aurore.

Les aurores vertes sont le résultat d’une collision avec les molécules d’oxygène à faible altitude, entre 100 et 200 km environ (la majorité des aurores se produisent à 100-150 km d’altitude).

Plus haut dans l’atmosphère, elles sont plutôt de couleur rouge. Mais le spectre des couleurs est large et les aurores boréales peuvent s’habiller de rose pâle, de pourpre, de rouge-violet, de jaune, de bleu, de blanc…

Les couleurs des aurores boréales

Les couleurs des aurores boréales © crédit photo Northern Lights Resort



Où observer des aurores boréales ?

Nous sommes chanceux au Canada, car le spectacle enchanteur des aurores boréales joue régulièrement sur le grand écran du ciel nordique canadien. Le Canada, et particulièrement le nord du pays, est l’endroit sur Terre où on peut voir le plus d’aurores boréales.

En effet, la couronne aurorale, soit la zone d’activité magnétique où les aurores boréales sont le plus visibles au-dessus du pôle Nord magnétique, s’étend à travers tout le pays, de l’Est à l’Ouest, sur plusieurs milliers de kilomètres. La zone aurorale est d’autant plus large que la tempête solaire est puissante.


> Dans l’Ouest du Canada
Parmi les endroits les plus réputés au Canada pour voir des aurores boréales, il y a le Yukon (capitale Whitehorse) et les Territoires du Nord-Ouest (capitale Yellowknife). La fréquence des aurores et la visibilité y sont exceptionnelles.

 

> Dans l’Est du Canada
Au Nord-Est, là où vivent les Inuits du Canada, le Nunavut et le Nunavik (Nord du Québec) sont les meilleurs endroits  pour observer les aurores boréales.

Vous l’aurez compris, c’est dans le nord du pays que les aurores sont visibles. Mais une question revient souvent : peut-on observer des aurores boréales ailleurs que dans le Grand Nord ?

OUI ! La réponse étonne, mais on peut en effet faire de très belles observations d’aurores plus au sud, à des latitudes beaucoup plus basses.

Et pour mieux comprendre, j’ai contacté Gilles Boutin, considéré comme l’un des meilleurs spécialistes du phénomène et le plus connu « des chasseurs d’aurores boréales ». Ce passionné des aurores a effectué une vingtaine de voyages dans le Grand Nord québécois pour les photographier. Et il a gentiment accepté de répondre à quelques-unes de mes questions :

Stéphane : Après le Nunavik, dans quelle région du Québec a-t-on le plus de chance de voir des aurores boréales ?

Gilles Boutin : Le Nunavik est situé dans la région des hautes latitudes magnétiques, on peut donc voir des aurores en tout temps durant l’année à cause de sa proximité et distance avec le pôle Nord, lieu d’entrée et de formation des aurores boréales.

Si on descend plus bas dans les régions de moyennes latitudes magnétiques, on parle des régions de la Baie James, de Fermont, de Shefferville ou encore Fermont et la haute Côte-Nord au Québec. Ces endroits ont d’excellentes chances de voir souvent des aurores boréales au Québec, mais c’est bien loin vers le nord.

Si nous sommes dans les régions de basses latitudes magnétiques comme la ville de Québec et la ville de Montréal, il y a rareté des aurores boréales. Sans aucun doute, le long du fleuve St-Laurent en direction Est vers le golfe St-Laurent, est un endroit parfait pour des vues et horizons dégagés vers le nord.


Stéphane :
Est-il fréquent d’observer des aurores boréales à des latitudes aussi basses que Montréal et Québec ?

Gilles Boutin : Oui, si nous sommes dans les phases actives du soleil, car le soleil est le responsable des aurores boréales à cause des particules solaires qu’il envoie vers la terre et qui se transforment en lumière de la nuit. Ça sera des possibilités de 2 à 3 nuits par mois, souvent de petites aurores mais quelques fois de belles surprises. Si le soleil est en phase de minimum solaire, il y aura très peu d’aurores boréales dans ces lieux du Québec.

 

Stéphane : Y a-t-il une meilleure période pour observer des aurores boréales à ces basses latitudes ?

Gilles Boutin : Il y aura des aurores boréales à voir tous les mois, car aussitôt la noirceur venue, les aurores seront visibles, la saison de l’automne est  statistiquement favorisée, donc le mois d’octobre.

Photo prise à St-Michel-de-Bellechasse, située à 25 km (à vol d’oiseau) de la ville de Québec.

Aurore boréale à St-Michel-de-Bellechasse

Aurore boréale à St-Michel-de-Bellechasse © Gilles Boutin – 08 oct 2013

 

Photo prise à Kuujjuaq au Nunavik, située à 1 500 km au nord de Montréal.

Aurore Boréale à Kuujjuaq, Nunavik

Aurore Boréale à Kuujjuaq, Nunavik  © Gilles Boutin – 01 janvier 2014

 

Pour en savoir plus sur les aurores boréales et leurs secrets, je vous invite à découvrir le site web très complet de Gilles Boutin : www.banditdenuit.com

Il a également écrit un très beau livre : À la découverte du Nunavik.  Le livre présente ce magnifique territoire du Grand Nord québécois sous tous ses aspects : les aurores boréales, la culture et  l’art inuit, le territoire à travers 4 villages en particulier (Kuujjuaq, Kangiqsualujjuaq, Salluit et Ivujivik) ainsi que le parc des Pingualuit qu’il a parcouru au cours de ses nombreux voyages.


Quand observer les aurores boréales ?

Même si on peut voir des aurores toute l’année, les chances sont plus élevées durant la période qui va de septembre à mars.

Et bien sûr, c’est durant la nuit qu’on peut les voir, la meilleure fenêtre d’observation se situant entre 22h et 3h du matin. Les aurores illuminent le ciel de quelques minutes à plusieurs heures.

Les aurores boréales étant directement liées à l’activité du soleil, plus l’activité de celui-ci est importante, plus les éruptions sont nombreuses, et plus les chances de voir des aurores boréales sont grandes.

Il a été établi que l’intensité des éruptions solaires suit un cycle de 11 ans environ.

Même si on connaît de mieux en mieux le phénomène, il reste très difficile de prédire quand et où exactement une aurore boréale apparaîtra. Cependant, il existe plusieurs outils disponibles sur le web qui aident à faire des prévisions. Tant pour prédire les éruptions solaires, la vitesse et la force des  vents solaires, que leur impact potentiel sur la Terre. En sachant qu’il  faut  3 à 4 jours pour qu’une éruption solaire atteigne la Terre.

Les sites suivants permettent de suivre les prévisions des tempêtes solaires et des aurores boréales :

http://www.solarham.net/ 
http://www.gi.alaska.edu/AuroraForecast/NorthAmerica/

Aurore boréale du Canada


Quelles sont les bonnes conditions pour voir des aurores ?

Pour bien voir les aurores, il faut un minimum de pollution lumineuse et un ciel dégagé. Il est préférable également d’éviter les soirs de pleine lune (ou lune trop brillante) car elle illumine le ciel et rend difficilement observables les aurores de faible intensité.

Pour anticiper des conditions météo favorables avec un ciel clair sans nuages, deux sites se révèlent fort utiles :
Météo Spatiale Canada
Cleardarksky.com


Envie de voir une aurore boréale de vos propres yeux ?

Aurore boréale verte
Voir une aurore boréale est une expérience unique, quasi mystique pour certains, et c’est donc tout naturellement que le tourisme axé sur les aurores boréales attire chaque année de plus en plus de voyageurs et d’admirateurs.

Le Nord-Ouest du pays, en particulier le Yukon et les Territoires du NordOuest, est la région où le tourisme est le plus actif pour ce type de voyages d’exception. En plus de voir des aurores boréales, vous pourrez faire des activités dans un décor unique comme de la motoneige et du traîneau à chiens.

Si vous êtes intéressé par cette aventure unique, voici un de nos voyages d’exception qui vous permettra de vivre la grande aventure :

>  Aurores boréales au Yukon – 6 jours & 5 nuits

Quant au Nord du Québec, le Nunavik, le tourisme axé sur l’observation des aurores boréales n’y est pas encore très développé, mais il a un avenir très prometteur devant lui.

Il ne vous reste plus qu’à saisir votre appareil photo et enfiler vos habits de chasseurs d’aurores boréales pour nous rejoindre sous le ciel sans fin du Canada…

Ressources pour en (sa)voir plus

> Aurores boréales vues de l’espace – Agence Spaciale Canadienne

> Des aurores boréales filmées en ultra-haute définition – Nasa

> Aurore boréale explication (vidéo 1min 46) –  CNRS Images

> Actualité des aurores boréales au Québec sur Facebook 

 


Stéphane Le Guide
« Sur les routes et chemins, au pays des grands espaces »

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Contactez-moi à : stef@www.parcourscanada.com


 

Écrit par Stéphane Morvan

4 Commentaires

  1. Nathalie

    Wow, c’est très beau, et ça donne envie ! J’espère que j’aurais bientôt la chance de venir… et peut-être voir une aurore boréale 😉
    Nathalie

  2. Manu

    Splendide ! Entre rêve et magie votre article nous donne vraiment l’envie ! L’envie de se rendre au pays des caribous, au pays des Inuits pour contempler ces magnifiques tempêtes solaires. Rendez-vous est pris !
    Merci Stéphane

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